Les blablas de la présidente d'LSF / J'veux plus m'faire "empapaouter"

Il y a des chiens qui me marquent à vie, c’est comme ça, un événement, un regard, une posture et voilà que ce galgo-là restera à jamais gravé dans ma mémoire.

Je parle de ça parce que ce matin j’ai reçu la photo d’adoption de Roberto, pauvre galgo il n’a pas eu de pot celui-là, jusqu’à ce que Corinne sa famille d’accueil et fidèle de LSF m’annonce qu’il avait à jamais conquis son cœur et qu’elle avait décidé de le garder pour toujours.

Merci, merci, merci à vous deux…pour tout cet amour que vous lui donnez, pour tout ce temps perdu que vous rattrapez, pour toutes les plaies que vous allez panser, merci…

Je me souviens de lui parce qu’il avait failli mourir au refuge, une hémorragie après sa stérilisation.

Oh là là il avait perdu tant de sang, oh là là cette angoisse de voir les vétérinaires s’affairer autour de lui . C’était le soir tard, il a eu de la chance dans son malheur parce qu’on est allées voir les chiens hospitalisés avant d’aller nous coucher, car certains avaient été opérés tard, .on l’avait veillé toute la nuit alors bien sûr je l’avais réservé.

J’avais donc une affection particulière pour lui, il était devenu un héros, il avait lutté comme un forcené pour vivre après toutes ces années de misère…

Il n’était pas craintif, c’était un grand doux, un bon, un soumis, un gentil, il avait un regard si touchant que vous ne pouviez plus jamais l’oublier lorsque vous l’aviez croisé.

Vous voyez cette photo ci-dessus elle avait été prise au refuge et ci-dessous prise quand on l’a récupéré..

On pourrait croire le contraire hein ?

Et pourtant, il avait été placé chez une dame très gentille qui l’aimait, enfin c’est ce que je croyais… Elle vivait dans une jolie maison et tout et tout, vous savez le genre de bon dossier ou on se dit qu’au moins celui-là sera bien placé et qu’il sera heureux.

Mais voilà on n’est jamais sûr de rien, oh non croyez-en mon expérience, j’en ai vu des vertes et des pas mûres, moi les humains je ne les crois plus, moi les humains je ne leur fais plus confiance, moi les humains je les aime de moins en moins, moi je préfère les chiens et de plus en plus.

Les humains sont fourbes, méchants et menteurs.

Donc je vous disais que quelques années plus tard, elle, je l’appelle « la vieille peau » maintenant, elle nous l’a restitué comme un vieux truc usé, sans aucune empathie, vous savez comme si on se débarrassait d’une vieille bagnole qui ne sert plus et encore, elle , elle doit passer au contrôle technique !!

Je n’arrive pas à m’y faire, je n’arrive pas à comprendre, moi qui ai même versé une larme lorsque j’ai vu ma vieille Laguna de 15 ans partir la semaine dernière avec sa nouvelle propriétaire.

C’est con mais j’aimais cette bagnole, elle était chargée de souvenirs, moi je m’attache même aux choses, je m’attache à tout en fait, je suis certainement trop sensible… J’ai l’impression que ce n’est pas normal d’être comme je suis avec cette sensibilité à fleur de peau que je cache sous ma peau de crapaud.

Souvent les gens me reprochent de n’avoir aucune empathie pour les humains, c’est la réputation qu’on me prête, « c’est bien vrai ce qu’on dit de vous, vous êtes une femme sans cœur » !!

Ben oui, il devient sec comme un coup de trique, mon cœur, à force d’être malmené, trahi, brisé.

Moi, je suis là pour placer des chiens et pas pour faire plaisir, ni pour faire du social, c’est pas mon taf le social j’ai assez donné !!

J’veux plus m’faire « empapaouté »

Oui je sais je suis vulgaire mais « empapaouté » c’est donné comme de l’argot et si je mets le mot entre guillemets, ça passe mieux, non ?

Et puis après tout, tout le monde sait que j’ai un langage de charretier…

Revenons-en à Roberto, quand elle nous l’a rendu, il était maigre, il n’avait plus un pet de muscle, il était terrorisé, même certains galgueros nous les refilent dans un meilleur état..

Elle ne le promenait plus, elle ne s’en occupait plus, elle ne l’aimait plus, elle l’avait complètement abandonné, délaissé…

Il n’était plus vacciné depuis bien longtemps, à quoi bon… il avait la chiasse au sang, on a dépensé 300 euros pour le retaper !! Il ne savait même plus courir, je vous le jure c’est la vérité…Il n’osait plus…

Pauvre Roberto et qu’elle aille au diable la vieille peau.

Sois heureux, mon ange, je sais que tu le seras avec Corinne, je n’en doute pas.

Et pardonne-moi de t’avoir fait ça, moi je ne me le pardonne pas.

T’es beau mon ange et ton âme est si pure..

Voilà c’étaient les blablas, de vous à moi, il y a 5 minutes je ne savais pas ce que j’allais vous raconter et hop cette photo de Roberto a fait resurgir tant de souvenirs, de remords, de haine aussi.

Oui, j’ai de la haine pour tous ces gens qui abandonnent leurs chiens comme des moins que rien alors que moi, je pleure les miens comme une gosse.

Allez à mardi prochain pour d’autres blablas qui plaisent ou qui ne plaisent pas, je m’en moque.

C’est moi, un point c’est tout et puis ils étaient devenus bien trop mous depuis quelque temps, je dirais même édulcorés comme si je voulais façonner mon image, peut être pour m’entendre dire que je suis bonne et gentille..RIRE…

20 pensées sur “Les blablas de la présidente d'LSF / J'veux plus m'faire "empapaouter"

  • 10 juin 2018 à 19 h 46 min
    Permalink

    Bonjour Odile, difficile en effet d’imaginer ce si doux Roberto entre de mauvaises mains. Avant l’arrivée de Candela, il m’avait également « tapé dans l’oeil » ce joli môme … Mais aussi terribles soient certaines histoires et irresponsables certaines personnes, pensez à tous ceux et celles qui vivent dorénavant heureux et heureuses ! Le principal étant qu’il soit sauvé une seconde fois ! nombre d’entre eux n’ont pas cette « chance » … Pensées positives du Nord de la France – Marine, Laurent et Archibald Dubrulle avec … Candela 😉

    Répondre
  • 7 juin 2018 à 17 h 21 min
    Permalink

    Ne serait-il pas judicieux de réfléchir à un possible suivi des chiens auprès des adoptants ? Un travail à mener en étroite collaboration avec les délégués ? Claude de Nyons a posé d’excellentes questions et l’on pourrait peut-être s’en servir pour poser les bases d’une petite cellule de suivis des chiens adoptés. Si cela intéresse l’association et d’autres personnes je veux bien donner un coup de main. Mais avant tout, il faut savoir si cela est légal. Des associations comme la « SPA » ou « trente millions » interviennent en cas de mauvais traitements , mais dans quelles conditions et dans quel cadre ?
    Toutes ces questions nécessitent un débat et du temps pour rechercher des réponses.

    Répondre
    • 8 juin 2018 à 9 h 23 min
      Permalink

      Ce n’est pas si simple vous savez, sachant qu’une fois que les chiens sont au nom des adoptants nous n’avons plus aucune marge de manœuvre, ni aucun pouvoir. Si les adoptants changent de région et qu’ils ne répondent plus ni au téléphone, ni aux mails comme c’est souvent le cas ? comment fait-on ? on engage un détective privé pour les retrouver ? Ne pensez pas que nous ne faisons pas de suivi, pour preuve puisque nous récupérons des chiens mais pour certains, adoptés depuis plusieurs années comme ce fût le cas pour Roberto, nous n’avons plus de nouvelles et plus les moyens d’en avoir. Idem pour les autres assos et les SPA !!

      Répondre
      • 8 juin 2018 à 14 h 13 min
        Permalink

        Bonjour Mme BROCHOT, vous avez effectivement raison. Nous en parlions avec mon mari hier soir et avec ma fille juriste, cela parait même impossible dès lors que le chien est la « propriété » de untel … Bien dommage! Il ne faut compter que sur la confiance affichée par l’adoptant dès lors qu’il a fait son choix et espérer ne pas s’être trompé(e) sur ses intentions à long terme. Je comprends que vous passiez de mauvaises nuits… Bien à vous en attendant le 15 juillet et les nombreux adoptants qui ne vous ont pas flouée.

        Répondre
  • 6 juin 2018 à 6 h 07 min
    Permalink

    Il vaut mieux être franc quitte à déplaire à certaines personnes.
    Il est vrai que beaucoup de gens sont fourbes.
    Roberto est heureux maintenant, c’est le principal.

    Répondre
  • 5 juin 2018 à 23 h 30 min
    Permalink

    je préfère aussi la compagnie de ma galga et de mes chats à celle des humains si décevants !!!!

    Répondre
  • 5 juin 2018 à 14 h 31 min
    Permalink

    ton texte est triste comme le temps qui pleure ce jour….Mais, je crois qu’il faut positiver et le malheureux Roberto montre par son histoire les deux faces des hommes, les biens et les moins biens…
    et combien il y a t il de Roberto qui n’ont pas eu sa chance….de transformer sa FA en famille pour toujours… C’est pour ceux là qu’il faut pleurer et oeuvrer…. Crois tu que Ferre, si beau, si jeune, si joyeux et tout à fait amourable, crois-tu qu’on pouvait imaginer une seule fois son destin ;c’est le genre de nounou d’amour que je n’aurais jamais oser regarder tant il a toutes les qualités….et bien l’adoptante n’a su « l’aimer » que un mois…..tant mieux, j’en suis l’heureuse bénéficiaire et Ferre aussi de la légèreté de cette dame…..

    Répondre
  • 5 juin 2018 à 13 h 38 min
    Permalink

    Votre sentiment de trahison et de dégoût pour la gent humaine se comprend compte tenu de tant d’investissement personnel, de peine, de tracasseries pour donner le meilleur à tous ces loulous pour qu’ils soient bien placés.
    On ne peut qu’admirer votre immense courage et votre détermination et vous en rendre hommage.
    Belle vie à toi maintenant, beau Roberto et grand merci à sa merveilleuse FA qui va le choyer !

    Répondre
  • 5 juin 2018 à 11 h 59 min
    Permalink

    Selon une citation : « si notre cœur est bon et encore bon, il devient bonbon et se fait bouffer » mais……… même les oursins sont mangés car il y aura toujours des prédateurs, des traites, des hypocrites avec qui il faudra composer d’ailleurs sans pouvoir les identifier. Alors même si parfois cela fait souffrir ne changeons pas si l’on est bon au risque de devenir con comme eux.
    Votre cœur n’est pas sec mais empli de déceptions. Comme une cocotte minute il lâche le trop plein de révolte pour lutter contre le découragement. Votre cœur et votre sensibilité sont une identité viscérale immuable. Un petit détartrage des nocivités qui nous affligent est parfois nécessaire pour conserver volonté et énergie. Il se traduit par un sentiment de haine instantanée mais il faut vite l’oubliée car la haine ne peut que nous entravée. Ca vous est bien pardonnable et je suis persuadés que vous êtes déjà passée à d’autres pensées positives car votre investissement pour ces pauvres créatures ne doit pas vous laisser beaucoup de place pour entretenir une rancune stérile. Fragilisée un jour mais forte toujours pour aller jusqu’au bout de vos actions pour sauver ces lévriers martyrs, c’est certainement la définition la plus exacte. Oubliez la femme sans cœur, vulgaire, cœur sec et la haine car vous ne feriez pas tout ce que vous faites. Vous ne changerez pas .

    Répondre
    • 5 juin 2018 à 15 h 14 min
      Permalink

      tout est écrit, Continuez Odile, il existe encore quelques êtres humains sensibles, amoureux des animaux et gentils avec. Chez nous nous disons « je vis chez mes chiens », à leur rythme avec leurs choix de loisirs.

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *