Ecija mon amour par Céline …

Pauline et moi sommes parties le mercredi 19 juillet à 11h, la voiture chargée avec nos affaires mais surtout de bricoles pour le refuge : croquettes (une quarantaine de kilos), des friandises, de l’allopurinol, des couvertures en prévision bien sûr de l’hiver prochain, des peluches données par Esteban et Pauline qui n’en n’ont plus trop besoin du haut de leurs 9 et 15 ans !

A la fois ravie de partir retrouver une région espagnole que j’affectionne particulièrement tant pour les paysages, les monuments, les personnes, l’histoire : région où ont vécu en harmonie pendant des siècles entiers chrétiens, juifs et arabes (moyennant un impôt pour la liberté de culte). Que le monde a changé !

Et préoccupée, de laisser Xavier et Esteban se débrouiller tous deux avec la maison, les 2 chats et les 3 chiens : comment allait réagir Sissi sans sa référente de Tata ?

Préoccupée aussi par le trajet, en effet j’étais la seule à conduire pour parcourir les 1500 km entre mon village et Ecija. La voiture avait été entretenue par mes soins et ceux de mon père (vidange) mais avait perdu une partie de son pot d’échappement et pas des moindres : le silencieux !! Autant dire que la petite Honda faisait le bruit d’une voiture ayant subi une modification type « tuning » mais sans les performances au niveau de la vitesse ! La trouille de me faire arrêter à cause du bruit par les forces de l’ordre !!!

MDR ! Ou pas !!!!

Préoccupée aussi par l’arrivée et le séjour au refuge (que j’appellerai plus loin « la prote » diminutif espagnol) : dans quel état seraient les loulous accueillis sur place ? Allais-je voir des horreurs ? Trouver un jour au réveil un chien attaché aux grilles ? Que de questions dont les réponses trouveraient leurs réponses une fois arrivées sur place.

A l’approche de Valencia, mes yeux, tout en regardant la route, se posent dans les champs longeant l’autoroute à la recherche de chiens déambulant dans les orangeraies, de chiens maltraités. C’était la première fois que je posais ce type de regard en Espagne et pourtant il ne s’agissait pas de mon premier voyage dans ce beau pays, Pauline m’accompagnait aussi dans cette quête…

Après quasiment 1000 km de trajet, pause conséquente à Valencia, le seul endroit où nous pouvions tremper nos pieds dans la Méditerranée car après notre route nous conduisait à l’intérieur de l’Espagne et de sa fournaise pour gagner l’Andalousie.

Arrêt pour faire dormir les yeux, nous nous trouvions juste 2h30 d’Ecija. En effet mon copilote après avoir fait des efforts pour me tenir compagnie et ainsi m’aider à ne pas m’endormir, n’en pouvait plus ! Le chauffeur non plus d’ailleurs ! Au bout d’une heure impossible de dormir ! Mes yeux étaient grands ouverts quand ceux de Pauline étaient fermés ! Impatiente d’arriver et de me mettre au travail pour aider les volontaires, découvrir les lieux et les occupants à 4 pattes ! Je reprends donc la route, Pauline inquiète me demande tout de même si je ne suis pas fatiguée. Le but est d’arriver entière à Ecija !!! Puis vers 5 heures du matin la sortie « Ecija » est enfin indiquée sur l’autoroute !

Ca y est : nous sommes arrivées à destination, mission maintenant trouver un coin tranquille pour se reposer un peu et continuer notre nuit. Réveillées vers 7 heures et nous voilà parties à la recherche du refuge ! Sonia nous avait gentiment indiquées la route à prendre. Problème pas ce numéro de carretera ni sur la carte Michelin ni sur Google Map à proximité d’Ecija ! Et là, une voiture de la Policia del Ayutamiento arrive, puis une deuxième. Tu leur sautes dessus, tu demandes où se trouve l’Aprenda, en espagnol car en Andalusia c’est compliqué de trouver des personnes parlant français. Conclusion : ça fait 6 mois que tu n’as pas parlé espagnol (même si à la casa nous le parlons fréquemment), 1 an que je ne suis plus habituée à cet accent et tu te lances, demander, écouter et comprendre la réponse. Super sympa, ils appellent des collègues : chouette j’ai les infos désirées, je peux ainsi continuer ma route.

La prote et son chemin d’accès : ancienne porcherie andalouse adaptée pour l’accueil des loulous

Arrivées sur place jeudi à 9 heures, tu jettes tes affaires dans la maison, tu enfiles tes affaires de cochon. Javier te fait visiter et à 11 heures tu te mets au boulot en compagnie de Laura.

Vendredi, Paola (étudiante), Javier (trésorier de l’Aprenda) et Alberto (étudiant) arrivent à 9 heures environs.

Voilà notre mission qui commence pour de bon, je vous explique en espérant être la plus claire possible !

Tu sors les premiers chiens de leur box (7 box) de la partie basse du refuge pour les mettre dans des grands box extérieurs (7 box extérieurs) dans lesquels ils peuvent se dégourdir davantage les pattounes !

Anastacia, podenca à l’adoption, en liberté dans un box extérieur

Billy et ses copains de box (le jour de notre arrivée)

Tu fais pareil pour les chiens de la partie haute (6 box à l’extérieur dont 6 box libérés pour être lavés). Pour cette opération il faut savoir être patient, en effet les loulous sont enfermés dans une trentaine de mètre carrés depuis la veille donc avant qu’ils daignent entrer dans les box extérieurs, ils te font la fête, piquent un sprint pour se dégourdir les pattes puis sagement entrent dans les box extérieurs. Et c’est parti : ramassage des crottes, eau de javel, tu jettes les seaux d’eau (abreuvoir des chiens et les piscines) sur le sol, tu frottes, tu rinces, tu renouvelles l’eau et les croquettes. Rebelote pour les box du haut.

Tenue de combat : short de bricolage, crocs, crème solaire pour les peaux fragiles ! (photos des box de la partie basse)

Après histoire de continuer le lavage des box, tu redescends, tu ouvres 1 à 1 les box extérieurs pour que les pépères et mémères retournent dans leurs box, pas de difficulté particulière, ils savent que leurs gamelles sont remplies de croquettes donc limite, ils se précipitent gentiment dans leur box d’origine.

A TABLE !!!!!!!!!!!!!!!! C’est l’heure de manger

Tu remontes et même opération avec les chiens de la partie haute du refuge.

Box de la partie haute

Trois fois la même opération pour nettoyer la quasi intégralité des box. Sans parler de la zone de quarantaine (2 box utilisés pour les galgas au début puis un à la fin), un box pour le pauvre Billy et les box des cachorros (bébés chiens) utilisés à cette date pour Canica (podenca) et el gordo bulldog français, copain des deux galgas Holi et Leia.

Holi la blanche, Leia la bringée dans leur box à l’extérieur en France très prochainement

Quand tu as tout fini tu ramasses les crottes des enclos extérieurs. Oh punaise il est déjà 13 ou 14 heures, en fonction des jours et du nombre de bras !

Samedi, Conchi, Santi, Vicky (la présidente de l’Aprenda), Esteban, Javier et moi-même, début des hostilités à 9h30.

Dimanche, Sandra, Cathy et moi, opérationnelles à 8h, puis vers 10h Javier, Alberto et 2 autres étudiants.

Un dimanche riche en émotions : une belle matinée, une belle après-midi et un dur retour à la réalité le soir : le pauvre Billy positif leishmaniose (la photo parle d’elle-même) tu pleures même si ce n’est pas ton chien.

 RIP petit ange

Celle que je plains c’est Laura qui « travaille » (bénévolement) du lundi au jeudi seule : 5 heures pour tout faire, elle arrive à 7h30 pour profiter de la relative fraicheur matinale.

Départ de la prote le mercredi 26 juillet, les yeux remplis de larmes, le cœur meurtri de ne pas pouvoir faire plus, changée à jamais, l’envie de revenir aider…

A ceux qui pensent passer des vacances à Ecija, sachez que c’est épuisant tant au niveau physique (chaleur, frotter le sol, déplacements dans la porcherie…) qu’au niveau émotionnel. Alors oui, le boulot ce fait le matin mais après le déjeuner la sieste n’est pas négligeable ! Et pour le tourisme, sachez que des villes comme Cordoue (60km) ou Séville (90km) ne se visitent pas vraiment l’après-midi : magasins fermés et qui n’ouvrent qu’en toute fin d’après-midi, les monuments eux ferment tôt. Pour la plage, il faut compter entre 2h-2h30 pour se rendre à Malaga, Huelva ou Cadix. Alors de grâce si votre but et de faire du tourisme : passer votre chemin ! Ni les bénévoles ni les chiens ne méritent votre présence. Odile disait ceci dans le blog du 15 juin dernier : « Il arrive parfois que certaines personnes confondent bénévolat et farniente, mieux vaut donc parer par avance à cette éventualité. »

J’ai longuement hésité à écrire ce texte sur Ecija, non pas que je voulais cacher à quiconque cette expérience, mais quand je lis les blablas d’Odile et les claques qu’elle se prend dans la gu…e pardon figure, les commentaires de certains sur la page FB de « Pourquoi choisir de vivre avec des lévriers », les commentaires désobligeants de certains sur les recherches de Cloe et j’en passe, et bien je me disais pourquoi partager avec des cons mon aventure ! Je partage car le monde de LSF et des galgos m’ont aussi permis de rencontrer des personnes formidables (en France comme en Espagne) que je ne citerai pas mais qui sont dans mon cœur pour longtemps j’espère et qui se reconnaitrons. JE VOUS AIME !


 
 
 
Céline

16 réflexions sur “Ecija mon amour par Céline …

  • 3 octobre 2017 à 11 h 41 min
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    merci Celine, merci pour les bénévoles, merci pour ces toutous

  • 11 septembre 2017 à 12 h 32 min
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    Super reportage qui montre bien que ce n’est pas de la rigolade ! Rien que le voyage: 1500 kms en voiture …..les routes en Espagne sous un cagnard pas possible, et enfin l’arrivée au refuge. Se lever tôt pour être efficace car pas question de bosser l’après midi avec 40° alors il faut faire vite et bien avant la grosse chaleur……et les chiens !!!!!!! mais pas tout en même temps, il faut d’abord nettoyer, désinfecter afin d’éviter le plus possible la prolifération de bêbêtes indésirables ….. Quel boulot mais au final l’immense satisfaction d’avoir apporté une pierre à l’édifice et çà c’est vraiment BIEN

  • 7 septembre 2017 à 14 h 17 min
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    Merci pour ce témoignage qui nous éclaire sur ce qu’est une journée au refuge. Effectivement, ce n’est pas de tout repos.
    Je vous admire de faire tout cela pour les galgos. Personnellement, j’en serais incapable.
    Et que ceux qui critiquent derrière leur ordinateur fassent déjà le tiers de ce que vous avez fait là.
    Merci Céline.

  • 7 septembre 2017 à 12 h 47 min
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    Votre merveilleux récit me conforte dans l idée d y aller un jour pour aider ces personnes formidables qui donnent leur temps leur énergie leur amour pour accompagner ces pauvres chiens au mieux merci d y avoir été c est comme ça que j imaginais mon futur séjour à Ecija

  • 7 septembre 2017 à 11 h 54 min
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    Bravo Céline pour ce merveilleux récit, j’étais également tentée d’y aller mais je n’ai trouvé personne pour m’y accompagner fin août (j’avais la trouille de rester seule la nuit au refuge). Mon Ebène (ex Weimouth), adopté depuis 1 an, vient d’Ecija alors je suis émue par votre récit et les photos qui vous avez prises, je sais désormais où il vivait.
    Mais cette idée reste dans mon esprit, si je trouve une personne de mon secteur qui m’accompagnerait.
    Encore merci pour ce retour d’expérience : vous avez apporté du soutien aux bénévoles et des papouilles, du confort aux chiens… c’est le but premier de ce genre de mission
    chapeau bas
    Une galgos’ addict

  • 7 septembre 2017 à 11 h 25 min
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    Merci Céline pour le partage de votre expérience. Vous avez bien raison de le porter à la connaissance des personnes, qui parfois ne se doute pas du travail pénible là-bas en Espagne ! Derrière son écran d’ordi, la critique est facile. Mais il faut mettre ses mains dans le cambouis pour réaliser ! Et surtout plonger ses yeux dans ceux des galgos pour comprendre leur désespoir, leur souffrance tant physique que morale, après leurs années passées aux mains des bourreaux ! Il ne m’est pas possible d’adopter des galgos pour le moment, je soutiens LSF par le parrainage, 9 actuellement dont ce pauvre Lauren si courageux, tous cassés par les bourreaux. Odile fait un travail merveilleux pour tous ces galgos ! Encore merci.

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